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Théories des Limbes
De Le Maître Sain — 12 mars 2021 à 22h23
"Ravage" - Le récit qui a inspiré Seuls...
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« Ravage » est un roman de science-fiction post-apocalyptique écrit par René Barjavel, paru en 1943, sous l'Occupation. Grand succès populaire, le livre s'est écoulé à plus d'un million d'exemplaires depuis sa sortie et est très souvent étudié. Le récit est divisé en quatre parties de tailles différentes ; les deux premières parties sont assez longues, alors que les deux dernières ne comportent que quelques pages.

 

 

 

Première partie : Les Temps nouveaux

 

France, 3 juin 2052. Un jeune homme issu de la ruralité, François Deschamps, vient d'arriver dans la mégapole parisienne et attend avec impatience les résultats du concours d'entrée dans une école réputée de chimie agricole. Il a beaucoup travaillé et est confiant dans les résultats. Il souhaite profiter de sa présence à Paris pour revoir son amie d'enfance, Blanche, qui entame une carrière de mannequin et d'actrice. Blanche a justement un rendez-vous avec Jérôme Seita, un riche producteur de films et dirigeant de médias. Quand Jérôme Seita, qui a des sentiments pour la jeune femme, apprend par Blanche l'existence de François, il ordonne une enquête rapide sur le jeune homme. Dès le lendemain, grâce à ses relations, il fait en sorte que François soit déclaré non reçu à son concours et voie son approvisionnement en électricité, eau et lait chimique coupé. Profitant d'un moment où Blanche, découvrant une nouvelle vie faite de beaux logements, de diamants et de repas fins, est psychologiquement affaiblie, il la demande en mariage. Blanche accepte. Apprenant cela, François est abattu, pensant perdre Blanche à tout jamais.

 

 

Deuxième partie : La Chute des villes

 

Pendant que se déroulait le récit dans la première partie, les médias évoquaient les relations tendues entre un Empire sud-américain en conflit avec les États-Unis du Nord. Les relations entre les deux régimes, déjà tendues, s'enveniment encore plus au point que la guerre est déclarée par l'Empire sud-américain. Une attaque massive est lancée. Quelques heures après, en Europe en général et en France en particulier, l'électricité disparaît, les usines atomiques cessent de fonctionner, et la totalité de la vie sociale et économique est interrompue. Certains matériaux, comme le fer, « s'amollissent » inexplicablement. Les métros, les autobus électriques, les automobiles, les portes des maisons, les ascenseurs, les robots ménagers, etc., s'arrêtent brutalement de fonctionner. La population est dans l'incapacité de se nourrir, d'accéder aux maisons, de se déplacer. Le gouvernement est totalement paralysé. Des troubles, de plus en plus nombreux, ont lieu. Le chaos s'installe. François traverse une mégalopole dont les vingt-cinq millions d'habitants sont particulièrement nerveux. Ils tombent rapidement dans une sorte de folie. Il récupère Blanche, frappée par un mal mystérieux, et coordonne un petit groupe de gens qui, comme lui, souhaitent quitter l'Île-de-France dans les meilleurs délais. La petite troupe quitte l'agglomération alors qu'un gigantesque incendie vient de se déclarer et tue des milliers de Parisiens. En effet les camions de pompiers sont à l'arrêt et les vannes d'eau ne fonctionnent pas.

 

 

Troisième partie : Le Chemin de cendres

 

La petite troupe menée par François parvient à quitter Paris. Le choléra s'est déclaré et menace la santé publique. L'eau potable est difficilement accessible. Blanche, qui avait été blessée lors du chaos parisien, retrouve la santé. Toutefois la progression est lente et difficile. Le groupe est sans cesse attaqué par des fuyards et doit se défendre contre l'insécurité, la faim, la peur, et même la folie qui guette. De fil en aiguille, ils traversent l'Orléanais, l'ouest de la Bourgogne, l'Auvergne, le sud-ouest de la région lyonnaise. Ils arrivent alors au nord de la Provence et au sud du Dauphiné, dans le village natal de François et Blanche. Beaucoup d'habitants ont péri. François, par son courage et sa sagesse, parvient à organiser une vie communautaire et à repousser les pillards. Il établit des règles de vie strictes mais saines. Sa sagesse lui vaut l'estime de tous, et la communauté villageoise peut envisager l’avenir avec confiance.

 

 

Quatrième partie : Le Patriarche

 

Dans les années qui ont suivi, la sagesse de François a été appréciée de tous. Il est maintenant le coordinateur d'une vaste zone qui va du sud de Lyon à la Méditerranée, et de l'Auvergne au Dauphiné. Il a contribué à établir l'assise d'une civilisation agricole prospère et autosuffisante en nourriture. N'ayant plus assez d'hommes pour entretenir le territoire, il instaure la norme de la polygamie. La vie saine des gens a permis un accroissement de la population et un bonheur généralisé. Dans les dernières pages du roman, un jeune homme, Denis, a créé une machine à moteur et vient la présenter à François. Celui-ci s'emporte contre cet engin qui lui rappelle les erreurs fatales du passé et se montre menaçant à l'égard de Denis. Le jeune homme riposte et tue François, alors plus que centenaire. La continuité politique sera heureusement assurée par Paul, un homme qui a appris auprès de François et qui est aussi sage que lui.

 

 

 

Notes :

 

1) Beaucoup de choses ont changé dans cette société dystopique de Ravage : la viande, encore produite dans des abattoirs ultraviolents, bien plus qu'avant, pourrait être produite chimiquement en laboratoire...ou d'une manière plus douce, plus traditionnelle, comme celle proposée par la micro-société de François. Idem pour les autres aliments. Une étrange canicule insupportable frappe alors la Terre. Le Conservatoire est devenu une morgue personnelle. Les criminels subissent à nouveau la peine de mort par rayon K. L'Opéra est devenu un coupe-gorge, le cinéma et l'art détruisent plus qu'ils ne forment. Un vent assassin plane sur le monde. La quintessence, l'eau de mer, a remplacé l'essence. Dans un asile, les personnages croient même rencontrer Jésus.

 

2) Des déclarations de guerre sont soudain proférées par un Empereur noir qui règne sur l’Amérique du Sud, envers l'Amérique du Nord. Après avoir rappelé les souffrances endurées par les Noirs dans tout le continent américain, il évoque la façon dont son peuple s’est battu au sud pour rendre le pays habitable. Mais ce même peuple est maintenant animé d’un désir de vengeance et a la volonté d’anéantir le Nord. Le discours de l’empereur est suivi d’une scène de foule en transes. Cet empereur despotique représente la figure d’Hitler et le comportement de ses sujets, qui devenaient hystériques lorsque leur chef prononçait un discours. Hasard ou conséquences de la déclaration, quelques instants plus tard, la télévision s’arrête net et la ville entière est plongée dans le noir. Il n’y a plus d’électricité nulle part.

 

3) François déclarera : « Tout cela est notre faute. Les hommes ont libéré les forces terribles que la nature tenait enfermées avec précaution. Ils ont cru s’en rendre maîtres. Ils ont nommé cela le Progrès. C’est un Progrès accéléré vers la mort. Ils emploient pendant quelque temps ces forces pour construire, puis un beau jour, parce que les hommes sont des hommes, c’est-à-dire des êtres chez qui le mal domine le bien, parce que le progrès moral de ces hommes est loin d’avoir été aussi rapide que le progrès de leur science, ils se tournent vers la destruction. »

 

 

Lire aussi "Fahrenheit 451" de Ray Bradbury : "Dans une société future où la télévision est une « famille » et où la lecture est un acte interdit, les pompiers ont pour mission de bruler tous les livres dont la possession est illégale..."

 

 

 

Analyse de tout cela à venir…

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