En ontologie (« chercher à définir ce qu’est l’être »), l'éon représente initialement la vie ou l'être, avant d’être étendu progressivement à l'éternité.
Platon l'emploie dans son allégorie de la caverne, pour signifier le monde éternel des idées qui se tient derrière le monde perceptible. Il oppose au monde sensible (physique) gouverné par le temps « chronos », le monde intelligible (mental) gouverné par l'éternité (« aïon »).
Apparaît ensuite le « gnosticisme », l’ensemble des mouvements religieux et philosophiques qui se développent au cours des IIe et IIIe siècles de notre ère dans les limites de l’Empire romain, caractérisés par l’idée que la connaissance (en grec : gnôsis) des mystères de l’humanité, du divin et du monde, est possible et nécessaire au salut de l’âme après la mort. Or, selon eux, cette connaissance s’obtient par un enseignement ésotérique (hermétique, restreint) et une expérience initiatique.
Ces doctrines affirment que les âmes des êtres humains sont emprisonnées dans un monde matériel intrinsèquement mauvais, créé par un dieu inférieur, imparfait voire mauvais, le Démiurge, à l’opposé duquel existe un autre dieu, supérieur et parfait, créateur des esprits et des âmes, plus éloigné, auquel on ne peut s’unir après la mort que grâce à cette « connaissance ».
Les gnostiques nomment « éons » les diverses émanations de Dieu, rencontrées au cours de leur périple initiatique, jusqu'au Plérôme, la « Plénitude divine ». Ces émanations divines fonctionnent alors comme une double unité, c'est-à-dire comme des principes mâle-femelle, comme il peut en être, selon eux, de Jésus et de Sophia (« sagesse ») : la Sophia déchue devient, par cette union, la « Sophia divine ».
Dans la thèse du gnostique Valentin, les trente éons du Plérôme sont généralement désignés par les couples suivants (quelques exemples) : Abîme et Pensée, Intellect et Vérité, Parole et Vie, Homme et Église, etc. Car petit à petit, christianisme et gnosticisme vont mutuellement se nourrir de leurs idées, dès les premiers siècles de notre ère.
Que ce soit Saul ou les Âmes Tigrées, Jézabel ou d’autres encore, pourraient-ils entrer en contact avec le monde caché, le temps éternel, ce qui leur permettrait de découvrir les mystères cachés de l’univers… ?

